A la recherche du temps perdu


Sarah Sanders, artiste performatrice, nous a offert durant ce mois d’août passé une performance pleine de beauté, du genre à interpeller toutes celles et ceux qui ne vivent que pour la beauté des mots et l’extase du sens.
L’idée à l’origine de sa performance est une réflexion autour de l’écriture, un processus qui ne laisse ni indifférent ni intact; qu’en est il alors lorsque même en répétant le passé, en remuant toute la matière qui créé notre personnalité et en avançant dans le temps à reculons? toujours plongé dans le passé, l’être évolue malgré tout, car l’acte ne laisse pas inchangé.
C’est ainsi qu’un beau jour l’artiste a pris une craie et a noirci le sol d’une maison à l’abandon, déjà tout un symbole. Enchaînant une série de phrases qui avaient pour point commun de commencer par la formule « I used to » qui correspond plus ou moins à « J’avais l’habitude de », elle nous dévoile son intimité et bien plus


L’objectif était donc de montrer que même en se tournant vers le passé, l’être humain comme le processus de l’écriture ou de la pensée vont malgré tout vers une évolution, une transformation. De plus, avec toutes ces phrases définissant son passé, l’artiste montre de façon touchante l’intimité de ses pensées et de sa vie, dans sa plus stricte banalité « I used to be very small » (j’étais très petite), « I used to enjoy watching comedy » (J’aimais bien regarder des comédies) ou encore « I used to listen to Bob Marley » j’avais l’habitude d’écouter du Bob Marley…

Mais aussi, sans que rien ne l’annonce, on passe à quelque chose de plus dramatique, d’extrêmement grave même parfois: « I used to believe in you » (J’avais confiance en toi), « I used to be more than this » (Je valais mieux que ça avant), « I used to have a brother » (avant j’avais un frère)… comme un flot de pensée introspectif, on se souvient de petits détails futiles et d’historiettes légères, tout en sautant de façon impromptue sur des sujets plus sérieux.

Laissant ainsi libre cours à ses pensées, Sarah Sanders donne ainsi avec son oeuvre éphémère de mots à la craie le moyen d’exprimer les vraies fêlures d’un être, de manifester physiquement l’évolution d’une pensée introspective… un travail sur les mots, leur sens et sur l’écriture qui ne pouvait pas me laisser insensible ^^
Et pour les plus fans de cette performance, sachez que l’artiste s’était déjà exercée lors d’une exposition où elle écrivait les mêmes phrases au milieu des oeuvres d’une exposition sur le livre objet d’art, les photos sont à voir sur ce flickr.
source

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