Sherlock, un Full English à déguster


Il en fallait bien plus qu’on en pense du courage pour aller reprendre le grand héros mythique anglais et le dépoussiérer pour l’adapter à notre sauce contemporaine. Vu, revu, adapté, corrigé, le personnage de Sherlock et son non moins célèbre acolyte Watson sont des figures ultra connues du petit et du grand écran. Hasard des calendriers de production, c’est au moment où brillait le très steampunk et très américain Sherlock Holmes incarné par Robert Downey Jr qu’est sortie la première saison de cette mini-série so British (respectivement fin 2009 pour le premier et courant 2010 pour la série).
Totalement inattendue, en seulement 3 épisodes d’1h30, cette série et ses nouveaux personnages se sont gagnés un public totalement accro à cette nouvelle lecture du plus décalé des enquêteurs de Sa Majesté. Moqueur et subtil, un rien iconoclaste tout en restant un vrai gentleman, j’ai l’honneur de vous présenter Sherlock !

Dans sa version moderne, Watson est un médecin militaire rapatrié d’Afghanistan qui cherche une chambre à louer sur Londres ; un ami lui en trouvera une au 221b Baker Street, un joli petit appartement à partager avec un zigoto bien étrange, ‘détective consultant’ pour la police anglaise, il conserve des yeux dans son frigo pour en étudier l’évolution dans le froid et teste de temps à autres des théories étranges tout en s’adonnant à la consommation de patchs à la nicotine (‘Le tabac est bien trop cher de nos jours pour s’y adonner mais je suis en face d’une énigme de grade 3, donc 3 patchs !’). Le Sherlock moderne est un misanthrope féroce et surdoué, faisant sans cesse des déductions fulgurantes et si précises qu’elles lui permettent de résoudre des enquêtes que personne ne pourrait résoudre, c’est d’ailleurs ce qui pousse Scotland Yard à faire appel à ce ‘freak’ (son sobriquet dans la série).
Suivant un rythme particulièrement bien maîtrisé, la série vous amènera à suivre des enquêtes ficelées aux petits oignons, peu de temps morts mais toujours du bon, le tout généreusement nappé de sauce anglaise ; si vous êtes du genre à goûter les enquêtes recherchées avec de bonnes touches d’humour pince sans rire anglais, vous allez, comme moi, adorer Sherlock.
Modernisation oblige, la série est remplie de clins d’oeils à sa version victorienne mais aussi bourrée de petits traits d’humour très actuels : ainsi Watson et Sherlock se font régulièrement prendre pour un couple gay par exemple ‘I am not his date !’ ‘I’m not judjing…’ (évacuant ainsi par la même occasion tout les rapports plus tendancieux du film susnommé), le génie de Sherlock le rend complètement inadapté socialement menant très souvent à des dialogues d’une horrible et cruelle franchise (pauvre, pauvre Molly…), enfin, sachez le, il y a très peu de scènes d’action ou d’affrontements car tout se fait entre gentlemens, avec fair play et sang froid.

La série débute par ‘A Study in Pink’ qui est une référence au roman original de Conan Doyle ‘A Study in Red’, cette enquête haletante autour d’une série de suicides ne dévoilera rien de son suspens avant la toute dernière minute donc préparez vous à mordre les accoudoirs alors que la tension s’accumule. A peine remis de vos émotions, vous pourrez enchaîner avec ‘The Blind Banker’, second épisode et, de mon opinion personnelle, celui qui manque le plus de rythme… quoique si toutes les séries policières pouvaient être du même niveau, ce serait déjà pas mal ! Cet épisode nous fera tomber dans une complexe histoire de triade chinoise, un scénario aux multiples ressorts et rebondissements. Enfin vient le moment du grand jeu avec ‘The Great Game’, une sorte de Die Hard dans les rues de Londres avec l’éternelle nemesis de Sherlock. Grâce au tic-tac des minutes et des secondes mortelles, le rythme de ce dernier épisode marque une apogée ultime… à laquelle Sherlock opposera un flegme d’outre-manche tout naturel.

Afin de servir au mieux les dialogues ciselés de cette série, la BBC s’est tout d’abord appuyée sur deux valeurs sûres, les auteurs de Docteur Who Mark Gattis et Steven Moffat, donnant ce rythme à la fois flegmatique et un rien déjanté à la série, filmant la ville de Londres avec des effets efficaces. Le casting de rêve comprend un Benedict Cumberbatch (que vous avez vu dernièrement dans le dernier Star Trek) parfait et tout à fait juste dans son rôle de génie sociopathe, l’esprit toujours en train de calculer et de faire des déductions et des associations, ce Sherlock qui a toujours un coup d’avance sur le public est brillant sans être pédant, comprenant tout sans pour autant se plier aux règles. Afin de lui donner la réplique, Martin Freeman (Bilbo dans le film éponyme! ^^) interprète un Watson très terre à terre sans être néanmoins dénué d’intelligence, c’est de cet échange nouveau entre ces deux personnages que la dynamique de la série tire sa saveur, loin d’être un benêt, le célèbre docteur ne fait pas que servir de faire-valoir mais oppose des remarques pertinentes et participe aux enquêtes.
Autour de ce duo, on retrouve une Mrs Hudson en parfaite vieille lady anglaise, un Lestrade très juste et un Moriarty absolument délectable interprété par le très doué Andrew Scott, un des psychopathes les mieux joués qu’il m’est arrivé de voir.

Sherlock n’est pas une série qu’on regarde, c’est une série à voir et à revoir ; truffée de détails, offrant des dialogues savoureux, elle mérite qu’on la décortique et qu’on se délecte de chaque petit morceau. C’est évidemment pour cela que la série s’est gagnée de nombreux fans à travers le monde.
Seul pré-requis pour l’apprécier par contre, savourer l’humour anglais car celle-ci en est littéralement truffée, les connoisseurs s’en délecteront ! ^^

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