Hannibal, grand gagnant master-chef 2013


Après une série de livres puis une adaptation au cinéma, il ne manquait à Hannibal Lecter qu’une transposition sur petit écran pour compléter son tableau de chasse. C’est maintenant chose faite, depuis avril, la chaîne NBC a diffusé les 13 (quel heureux nombre !) épisodes de la série, chacun nommés d’après un plat, ainsi des amuse-bouches au savoureux en passant par le potage ou le sorbet, les fans de top-chef ainsi que les fans de meurtres délicats auront tout le temps d’apprécier ce que notre délicieux psychopathe nous a mitonné.

Mise en bouche
Il faut reconnaître au pilote de la série de nous mettre immédiatement dans le vif du sujet : durant cette saison, nous suivrons Will Graham, profiler de génie travaillant pour le FBI ; grâce à une empathie extrême et un grand sens de la déduction, il arrive à ‘vivre’ les scènes de crime et à se glisser dans la tête des tueurs. Exemple à l’appui, avec force effets visuels et narratifs, la première scène de profilage est tout simplement magnifique, donnant le ton pour le reste : une esthétique soignée et froide, déstabilisant juste assez le spectateur tout en le fascinant. En contre-point des images, la musique concourt également à rentrer dans la série. Ainsi, si le héros principal d’Hannibal est bien le jeune profiler, la série prend corps autour de la vision glaciale et des goûts délicatement surannés de notre cher cannibale. Préparez vous donc, la série se veut plus une série d’ambiance qu’un enchaînement d’action, il y aura du meurtre (oh oui, ça ! Il y en aura!) mais tous seront présentés de façon esthétique et élégante, comme pour séduire et donner ainsi le vertige autant au spectateur qu’aux personnages qui sentiront vaciller leur réalité sous les coups meurtriers d’anges de chair, de morts en sursis aux champignons, ou de violoncelles humains.

La cuisine du Diable
Hannibal n’est donc pas le personnage central de la série. Ce dernier apparaît alors que notre profiler flanche. A force de se glisser dans la psyché des tueurs qu’il poursuit, ce dernier perd petit à petit pied avec la réalité. Sentant sa raison s’effondrer, c’est donc vers le Dr Lecter que le FBI se tourne afin de l’aider (Oh la belle ironie…). Fasciné, amusé, puis finalement pris au jeu, Hannibal jouera avec la santé mentale de Graham dans une relation étrange dont aucun des tenants ne sait si elle tient de l’amitié, du jeu du chat et de la souris, de la fascination ou du modelage. C’est cette relation étrange qui articulera la série autour de deux grandes parties : La première qui consiste à poursuivre tout un tas de tueurs tous plus inventifs les uns que les autres dans le sens aigu du macabre avec lequel ils découpent ou arrangent leurs victimes, puis, dans un second temps, alors que tout mène à penser qu’un copycat est en train de suivre les enquêtes et tue en parallèle, on recherche ce dernier. Le passage à la deuxième phase marque un temps encore plus contemplatif dans la série, on regarde Will Graham sombrer lentement dans la folie alors qu’il tente de poursuivre son enquête, préparez vous à prendre votre temps avant le retournement final…

Pièces de choix
Le casting de la série sert admirablement son propos. Mads Mikkelsen est admirable dans le rôle du froid psychopathe, il arrive à faire exhaler le malaise à son personnage, comme s’il pouvait vous glacer le sang et vous sonder en un regard. On retrouve également Laurence Fishburne très juste dans son rôle de chef du FBI. J’ai par contre été déçu par Hugh Dancy, même si son jeu semble juste, il n’a pas réussi à me convaincre en profiler dévoré de doutes. Au niveau des petites déceptions, il est à noter Gilian Anderson qui joue parfaitement son rôle… mais un rôle qui n’était pas écrit pour elle à l’origine et ça se sent, dommage !
Au rayon des bonnes surprises, on retrouve dans le casting des têtes connues Gina Torres (Firefly, forever !!! -pardonnez cette minute de fandom…) ou encore une méconnaissable Ellen Muth qui, clin d’oeil, interprète un personnage appelé Georgia en souvenir de son rôle dans la série Dead Like Me^^
Chacun joue son rôle à la perfection, de façon à nous faire rentrer dans l’ambiance glauque et sombre de la série.

Hannibal est donc une série à déguster pour son atmosphère malsaine et son esthétique froide, attention cependant à l’écœurement, à force de donner dans le grand plan froid et le jeu d’acteur sobre pour refléter les tensions psychologiques, certains épisodes donnent plus à poser qu’à voir, ce qui peut mener à un petit sentiment de trop plein ou donner l’impression de regarder de l’art et et essai suédois… Le dernier épisode de la série devrait cependant vous aider à remédier à tout cela.
La série s’inspirant, sans trop y toucher, aux livres sans faire référence aux films, elle mérite d’être vue à moins que vous ne soyez un fan acharné.
Préparez vous par contre à apprécier une série d’ambiance, plus contemplative que réellement dans l’action, qui tente de vous emmener lentement et doucement de plus en plus loin dans le macabre, avis aux amateurs et aux esthètes. ;)

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