Serez vous le coeur de cible de « Arrow »?


Surfant sur la vogue des héros de comics portés à l’écran, Arrow est venu rejoindre le banc des « archers qui ont trop la classe » auprès du Legolas de Peter Jackson et de Hawkeye. Optant pour un format de série sur petit écran plutôt que pour une ribambelle de films à suites et tiroirs, ce super héros-ci a eu droit à 24 épisodes de 42 minutes pour nous faire découvrir son univers sombre, situé dans une ville proche de Gotham, la ville de l’homme fan de chauve-souris.

Oliver Queen, playboy et milliardaire disparu depuis 5 ans est retrouvé sur une île abandonnée du Pacifique alors que tout le monde le pensait mort avec son père durant un naufrage. Reprenant ses marques dans le monde qu’il a connu, il s’avère que le fils à papa n’est plus ce qu’il était, ces 5 ans l’ont endurci et changé profondément, suffisamment pour lui donner envie de purger la ville de ceux qui l’ont trahie, devenant pour cela le Green Arrow, celui qui débarrassera le cancer à coups de flèches.
Il faut reconnaître à la chaîne CW qui a produit la série d’avoir mis des moyens impressionnants à disposition : les effets spéciaux tout au long de la série sont plutôt bien réussis et les combats sont particulièrement bien chorégraphiés. La série vaut d’ailleurs pour les scènes d’action nombreuses, ses combats trépidants. La production a par contre calmé les effets de yamakasi du héros qui sautait partout version barbie gymnaste, c’est peut-être dommageable d’un point de vue visuel mais trop de bonds partout avait tendance à rendre la chose peu crédible, genre entraînement de GRS mais sur un décor ville et béton.
Les scènes de combat se succèdent à un bon rythme, montrant que cette version du Green Arrow est autant un personnage orienté corps à corps qu’archerie, ce dernier aspect étant fort heureusement moins exploité, ce qui nous évite pas mal d’effets kikoolol qui en jettent à la Legolas de Peter Jackson justement. Bref, on attendait la série sur cet aspect et elle passe le challenge haut la main.

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Mais un super-héros, ça n’est pas que de la baston, il y a aussi des personnages ! La série développe plusieurs histoires secondaires impliquant pas mal de monde. On retrouve évidemment le héros qui est déchiré entre sa vie privée et sa vie de héros, figure imposée du genre qui est plutôt bien traitée cela dit, ou encore les histoires de ceux qui deviendront ses sidekicks, ou encore la famille du héros. Du côté de la famille, oscillant entre une mère courage cachottière et une adolescente pommée, le héros n’est pas franchement gâté et le spectateur non plus, de même que le triangle amoureux qui se met en place entre l’ex, le meilleur ami et le héros fait franchement penser à du Santa Barbara avec des schémas aussi fouillés que ‘un épisode je sais, un épisode je sais plus, et puis des fois j’ai envie et puis des fois non’ ; on n’évoquera que peu le flic convaincu qu’il doit serrer le super-héros, c’est tellement vu et revu et surtout mal traité que ça en devient très rapidement désesperamment agaçant. Cependant, sur un format plus court, la plupart des trames secondaires auraient pu très bien passer mais sur le format choisi de 24 épisodes, ces histoires traînent en longueur et perdent évidemment en crédibilité. Le meilleur exemple sont les flashbacks du héros, celui-ci ayant été retrouvé sur une île perdue après 5 ans, on découvre qu’il s’est passé pas mal de choses dans cet endroit qu’on pensait désert ; ce qui au début était une idée intéressante devient rapidement trop long et très fantaisiste surtout lorsqu’on se rend compte que l’île en question, sensée être abandonnée, est aussi peuplée qu’un Disneyland un jour de parade !

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Centrée autour de l’acteur principal, la production a tout misé sur le physique de Stephen Amell, et il faut le reconnaître, elle aurait eu tort de s’en priver ! Mis en valeur par le jeu d’ombres et de lumière qui pose l’ambiance de la série ainsi que par les scènes d’action, le casting est très bien réussi de ce côté là, s’offrant de surcroît des invités prestigieux à gogo (pèle mêle on a Ben Browder, Ty Olsson, James Callis, John Barrowman, Alex Kingston… ). Tous les acteurs interprètent plutôt bien leur rôle, par contre ceux-ci sonnent parfois un peu creux. On est en fait dans le monde de Ken et Barbie, où tout le monde est super beau et bien foutu. C’est un détail qui aurait pu passer inaperçu sur un format plus court mais là aussi lorsqu’on a bien le temps de s’ennuyer entre deux trames un peu faiblardes, ça saute aux yeux.
Autre chose qui a le mérite de ne pas passer inaperçu, le placement produit de Microsoft est plus que jamais à la fête avec une profusion de tablettes windows 8 et autres produits estampillés. Tout cela devient surtout flagrant et totalement ridicule lorsque la « geek-hackeuse- pourtant simple technicienne info » de la série se permet de tout craquer grâce à sa super tablette sous windows… au secours !
Et les incohérences pleuvent fort, hormis le hacking sous windows 8, on a aussi le classique zoom net sur photo floue, l’empoisonnement au curare soigné avec du thé spécial, des machines toute petites mais qui brillent dans la nuit et qui provoquent des tremblements de terre, des arrêts de flèches à mains nues… j’en passe et des meilleures.

Même si cette première saison a traînée en longueur, le rythme change à la fin pour reprendre un ton plus nerveux. Mettant un terme, relativement prévisible, à de nombreuses histoires et amenant son petit lot de surprises et de retournements de situation (mais aussi de mièvreries mélo…), la conclusion de la première saison nous laisse avec une grande envie de voir ce que la suite donnera à la rentrée prochaine !

Arrow est donc une série qu’il faut regarder pour ce qu’elle est : du divertissement. Bien réussie pour ce qui est de l’action, très simpliste pour ce qui est des scénarios, peuplée d’actrices et d’acteurs ma foi pas désagréables à regarder, elle sera parfaite pour une bonne soirée pépère, ne lui en demandez pas plus. Évacuant par contre une bonne partie de l’aspect très sombre du héros et de son monde, elle réussit malgré tout à survivre à un format de série à rallonge sans trop perdre en efficacité.

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