Vikings, la série qui débarque bientôt chez vous!


Puisqu’il ne fallait pas la rater, j’ai vu pour vous Vikings, la nouvelle série surprise de ce printemps diffusée par History. Le choix de Michael Hirst (Tudors, Borgia) aux commandes n’a pas toujours été du goût de tous, craignant de voir trop de vraisemblant et moins de réalité historique. La courte copie rendue, constituée de 9 épisodes de 45 minutes, a pourtant remporté de bons scores d’audience, presque inattendus sur une chaîne comme History, permettant de la reconduire pour une deuxième saison. A croire donc que le devoir de l’élève Hirst a été apprécié du public et de la chaîne; mais quelle note lui donner exactement?

Un début prometteur
Il faut reconnaître à la série d’avoir travaillé son introduction de façon à nous mettre dans l’ambiance. Le combat initial et la vision qui l’accompagne nous mettent directement dans le sujet et définissent le ton de la série, le générique très immersif vient compléter le tout et en moins de 10 minutes de pilote on est déjà complètement dans l’histoire.
Suivant la vie de Ragnar Lodbrok, guerrier très doué au combat et humble fermier, on découvre une famille puis un village viking. Suivant une idée qui lui est apparue en rêve et qu’il croit soufflée par les dieux, Ragnar fait tout pour orienter les raids de sa tribu non plus à l’est vers les terres baltes et russes mais à travers la mer sans fin, à l’ouest (vers l’Angleterre). Bravant l’interdiction de son seigneur, le Jarl Haraldson, il construira son propre drakkar et partira à l’aventure.

vikings

Des notions géographiques à préciser
Le personnage de Ragnar Lodbrok est celui d’un héros semi-légendaire nordique. Profitant de la confusion qui entoure l’origine du personnage, la série ne veut pas ancrer son cadre dans un endroit particulier. On hésite gentiment entre la Norvège, la Suède ou le Danemark sans jamais vraiment pouvoir arrêter son choix.
Les accents y concourent également; les acteurs parlent un anglais haché avec un fort accent nordique, cela apporte au charme exotique de la série… mais comme chaque acteur développe son propre accent, cela continue à entretenir le trouble géographique, pour le meilleur et pour le pire.

Rollo

Histoire : leçon sue, de grosses lacunes cependant et des approximations
Au niveau historique, n’étant pas un grand spécialiste des populations nordiques, je laisse aux autres le soin d’épiloguer mais il me semble que les détails tels que costumes, décorations et parures ainsi que les technologies ne sont pas respectueuses à la lettre d’une scrupuleuse orthodoxie chronologique, on aurait moins tiqué sur une série historique venant d’une autre chaîne, c’est plus surprenant quand la chaîne s’appelle History. Pour ma part, j’ai par contre pâli sur la scène du monastère incendié en mettant le feu aux réserves de papier… L’action voulant se situer autour de 790, le papier ne sera pas diffusé en Occident avant la fin du Moyen Âge voire même la renaissance ; pour qui se pique un minimum d’histoire, c’est une erreur grossière!
Mais ne jetons pas tout, la série permet de découvrir les peuplades nordiques et leur mythologie, de nombreux mythes sont présentés, les dieux principaux sont exposés et la culture viking est bien mieux expliquée que l’ont fait bien des programmes jusqu’à présent.
Il est également appréciable de voir que la religion et les coutumes nordiques sont montrés sans jugement négatif ou trop puritain (corrélation surprenante, la série n’est pas américaine mais irlando-canadienne, de là à faire un parallèle… je ne me permettrai pas!). Le mode de vie particulier est montré sans fards et sans jugement de valeur, ce qui permet de comprendre leur mode de vie et leur point de vue. Cela devient surtout flagrant dans l’épisode ‘Sacrifice’ où l’on découvre une cérémonie particulière qui se termine par des sacrifices humains de volontaires. L’épisode qui aurait pu facilement tomber dans la niaiserie est juste sublime, gardant une bonne balance entre émotion et narration.

Floki

Expression : une très bonne maîtrise des techniques
La série est très immersive, centrée sur son personnage principal brossé à grands traits. Le fait qu’elle soit très courte la sert énormément car la mise en place des personnages est rudimentaire, je me demande d’ailleurs ce que donnera la série quand elle s’étoffera avec une seconde saison. Centrée autour de l’action, tout est fait pour faire ressortir les scènes de combat particulièrement bien chorégraphiées et cohérentes, on apprécie beaucoup les stratégies que Ragnar semble être le seul à maîtriser et qui surprennent ses adversaires.
La caméra maîtrise également très bien son sujet, sans en faire trop, elle montre assez simplement les faits. L’abus d’after effect qui voulait donner une ambiance et une signature graphique à la série dans les premiers épisodes a été rapidement abandonné, ce qui est une bonne idée: certains rendus étaient trop faussés (les yeux de l’acteur principal qui finissaient par être d’un bleu si fluo qu’on aurait cru un fremen).
Les acteurs sont tous très convaincants dans leur jeu, Travis Fimmel rend bien le mélange de sauvagerie, d’intelligence et la présence de son personnage, les personnages féminins ne sont pas en reste avec Lagertha, la femme guerrière jouée par Katheryn Winnick ou la reine complexe, Siggy, jouée par Jessalyn Gilsig ; ces deux femmes au tempérament trempé nous rappellent que dans la culture nordique, hommes et femmes sont égaux. Le personnage de Floki, joué par un excellent Gustaf Skarsgard (oui, oui, c’est le frère du shérif de Tru Blood) donne un magnifique exemple de ce que peut être un ragabash, ni prêtre, ni guerrier, ni sage, ni fou mais un peu de tout cela à la fois.
Les personnages sont très intéressants et on regrette presque la brièveté de la série qui force son réalisateur à les présenter très rapidement.

Lagertha

Une conclusion en demi-teinte
Sachant que son récit aurait une suite, Hirst a voulu mettre en place énormément de choses pour la saison suivante, donnant à son dernier épisode, ‘All Change’ une drôle de saveur amère. Après l’euphorie des premiers raids couverts de succès et l’expérience mystique de ‘Sacrifice’, on a comme une désagréable impression de gueule de bois dans ce dernier épisode, tout s’effondre dans une sorte de mauvais trip mâtiné d’une chape lourde et sombre qui affecte plus le spectateur que les personnages… Ne nous laissant qu’avec une envie de voir ce que donnera la suite.

La série Vikings n’est pas à proprement parler un documentaire scénarisé mais plutôt une fiction qui a pour but de faire découvrir la culture et l’histoire viking. Disposant de bons moyens et s’étant alloué les services d’un très bon conteur, la série mérite d’être vue si tant est qu’on arrive à mettre de côté inexactitudes et approximations. Reste après ce qui peut rebuter certains, le parti-pris visuel et l’orientation autour des visions des héros peut ne pas plaire à tous, même si, vu la brièveté de la série, il est possible de passer par dessus ce défaut.

PS: Et juste, puisque j’en parlais et qu’il est vraiment génial, voici le générique de la série qui vous mettra sûrement l’eau (salée) à la bouche! ^^

L’extrait est un morceau de Fever Ray, If I Had A Heart

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